Victoire en Gambardella…Et après ?

Publié le 16/06/2018

Le 8 mai dernier, les U19 de l’ESTAC ont remporté la finale de la Coupe Gambardella en dominant Tours (2-1) au Stade de France. Quelles sont les conséquences pour l’environnement d’un club ayant gagné la Coupe Gambardella ? Éléments de réponses avec deux autres vainqueurs par le passé, le RC Strasbourg et le FC Metz…

Depuis le début du siècle, Troyes est le 3e club du Grand Est à remporter l’épreuve. Le FC Metz a réalisé le doublé en 2001 et 2010, alors que le Racing Club de Strasbourg s’était imposé en 2006 face à l’ogre lyonnais, composant avec un trio offensif de jeunes talents comme Karim Benzema, Anthony Mounier ou encore Loïc Rémy. François Keller et Denis Schaeffer, les directeurs des centres de formation strasbourgeois et messin, connaissent les conséquences d’une victoire en finale de Gambardella.

« Quand tu gagnes la Gambardella, ce n’est jamais par hasard », affirme le directeur du centre de formation du RCSA. Les premiers concernés par cette victoire sont bien évidemment les joueurs, et ça, François Keller ne manque pas de le souligner : « Il y a un bénéfice de prestige, d’image. Cette compétition permet de mettre en lumière les joueurs. Cette victoire représente un gage de qualité du club. Pour le joueur, s’il n’a pas la possibilité de poursuivre en professionnel, ça lui permet d’avoir une belle trace sur son CV, lui permettant de crédibiliser son niveau de jeu ». Denis Schaeffer affirme quant à lui que la Gambardella est clairement un objectif de début de saison : « C’est une compétition de référence permettant d’étalonner l’ensemble de notre formation. Il s’agit de joueurs arrivant en fin de parcours. On se mesure aux meilleurs clubs français, donc forcément, on en fait un objectif ». Autre conséquence après une telle victoire en finale de Gambardella, le recrutement.

Aujourd’hui, le football de haut niveau est de plus en plus concurrentiel, tous les clubs cherchent à attirer les nouvelles pépites de demain, comme le dit si bien François Keller : « On dit que notre pique de formation était en 2006, quand justement on gagne la Gambardella. On gagne clairement en crédibilité. Au-delà de ça, les parents veulent absolument placer leurs enfants chez nous, puisque nous sommes reconnus. Gagner la Gambardella a été un super coup médiatique, nous permettant de prouver la qualité de nos jeunes ». Denis Schaeffer aborde un autre point concernant la place du joueur dans cette compétition : « Dans les générations 2001 et 2010, on a 6/7 joueurs qui accèdent au monde professionnel. C’est un réel apport pour les joueurs en matière de confiance et de dynamique, ça renvoie une image d’un label de qualité pour l’extérieur. Au niveau du recrutement, notre de crédibilité est multipliée par 100, aux yeux des parents, éducateurs ou même par certains clubs ».

Gagner une Coupe Gambardella est souvent synonyme de visibilité et par la même occasion, de premier contrat professionnel. François Keller se souvient de la génération 2005-2006 : « On avait des très bons jeunes à cette époque. Pour gagner cette coupe, il faut un minimum de réussite, il faut être réaliste. Mais on a pu compter sur un groupe solide et des jeunes de qualité permettant de mettre en lumière le travail des éducateurs et du recrutement. Je pense particulièrement à Anthony Weber, Jean-Alain Fanchone, Simon Zenke ou encore Quentin Othon, qui est actuellement au club. Ils ont tous fait carrière et c’est une vraie réussite d’avoir 5/6 joueurs ayant pu signer ce fameux premier contrat chez nous ».

Denis Schaeffer évoque que dans un premier temps, la formation messine veut tout d’abord faire grandir ses futurs joueurs, en faire des hommes : « Quand on peut regarder certaines évolutions de garçons, on est très fiers de les avoir formés. Je pense notamment à Franck Beria qui est la définition même de ce que nous voulons faire, c’est-à-dire avoir des jeunes adhérant au projet humain puis sportif, qui ont des qualités indéniables pour faire carrière en tant que dirigeant. On peut aussi parler de Kalidou Koulibaly qui est désormais à Naples et s’apprête à jouer la coupe du Monde avec le Sénégal, ce sont des top players avec un état d’esprit irréprochable qui ont très vite compris ce qu’on attendait d’eux. Sur la génération 2010, on peut citer Gaëtan Bussmann, Bouna Sarr ou encore Yeni N’Gbakoto, qui ont tous signé professionnel chez nous, permettant de crédibiliser notre formation aux yeux de tous et de faire la fierté de tout un club ».

Entre recrutement, crédibilité et formation, l’ESTAC a fort à gagner avec cette récompense en coupe Gambardella, comme ses homologues alsacien et lorrain par le passé. Au club troyen désormais de saisir l’ensemble des avantages d’une telle victoire, pour parfaire son image d’un club formateur et structuré.

Marc Vervinck

Par Stéphane Heili

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