Régional1 : Eclaron, le doyen de tous !

Le club de la Haute-Marne est le plus ancien club amateur français évoluant en Division d’Honneur au moins. C’est le cas depuis 1967 avec quelques incursions en championnat de France (ici au début des années 80). Un record de longévité remis en cause aujourd’hui.

L’histoire officielle situe le moment en juin 1967. Match décisif à Eclaron face à Langres. Centre de Perrin et tête décisive d’Yves Pintat pour une victoire 1-0, synonyme de montée. Yves Pintat, 71 ans en janvier prochain, est toujours au club. Le vice-président affiche des doutes sur cette version officielle. « C’est vrai que j’ai un doute, était-ce vraiment le match de la montée. Je ne sais plus trop ». Il faut dire que c’était il y a bien longtemps. En 1971, Eclaron s’offre une pige en championnat de France. Puis remet le couvert au début des années 80.

Depuis, malgré les difficultés économiques du département, Eclaron a tenu le choc. Toujours, envers et contre tout. Le village a été rejoint depuis les années 70 par ses voisins de Brancourt et Sainte-Livière. Situé près du lac du Der, à dix kilomètres au sud de St-Dizier, il a perdu la totalité ou presque de ses emplois industriels dans les années 80 pour devenir davantage la « station balnéaire » du département avec ses deux plages aménagées, son port de plaisance et ses quatre clubs de voile. « Ici, les joueurs viennent pour donner, pas pour recevoir. Ils jouent dans un club qui a une histoire. Avant chaque match, dans leurs têtes, les joueurs se disent qu’ils sont des petits. Une fois lâchés sur le terrain ils font tout pour prouver le contraire », a coutume de dire Yves Pintat. Même si Eclaron a grandi, autour notamment de son école de football.

Mais il faut bien le reconnaître, son équipe fanion est aujourd’hui dans le dur. Pillé à l’intersaison, le groupe a vu son entraîneur, Christophe Legros, jeter l’éponge début septembre. C’est un ancien joueur de St-Dizier, ancien coach de l’ASPTT Chaumont, Nicolas Fournier qui a pris la barre, mais la scoumoune semble lui coller aux basques. Il y a quinze jours, Eclaron menait 0-2 à la pause à Prix-les-Mézières, avant de s’incliner 3-2. Dimanche dernier, en Coupe de France, c’est à la 123e minute qu’Eclaron a laissé filer la qualification à Epernay. « Ce n’est pas bon signe », concède Yves Pintat, « on a pris un coup sur la tête c’est sûr. Mais ce n’est pas parce qu’on est largué qu’on va lâcher l’affaire. Il faut qu’on s’accroche à cette DH comme à la prunelle de nos yeux car c’est un petit exploit qu’on maintient chaque week-end depuis cinquante ans. Je pense qu’une relégation serait vraiment difficile à vivre, surtout pour les anciens ». On n’en est pas encore là. Eclaron vendra chèrement sa peau, c’est sûr. Et dès dimanche, en déplacement à Chapelle St-Luc.

Par Stéphane Heili

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