Forbach, la parenthèse enchantée

Durant neuf ans, l’US Forbach a joué au niveau professionnel. C’était il y a soixante ans déjà. Le club a même failli accéder à la D1 de l’époque. Coup d’œil dans le rétroviseur.

Bassin industriel historique, Forbach et ses alentours ont joué un rôle important dans l’histoire du football mosellan. Tout commence avec les « immigrés » allemands à la fin du 19e siècle. La différence, c’est qu’à Forbach, mais aussi à Stiring-Wendel ou Petite-Rosselle, l’industrie est florissante. Les Wendel, Abt et autre Couturier voient rapidement l’opportunité de donner des moyens aux clubs locaux qui se développent. Les mines de charbon font le reste. Le grand saut a lieu en 1957. A l’époque Forbach vient juste d’accéder à la Division d’Honneur, l’accession au monde pro se fait sur dossier. Le Groupement de Clubs Autorisés donne son feu vert en mai 1957. A l’époque, la ville est en plein essor de 9000 habitants à la sortie de la guerre, elle est passée à 35000 avec un sénateur-maire, Jean-Eric Bousch, président d’honneur du club, qui joue un rôle considérable. Ce sont six commerçant locaux, dont le président Jean Muller, qui prennent les commandes du club.

Fischbach, le gardien, et l’entraîneur-joueur des débuts, Camberlain.

Forbach connait des débuts en fanfare en D2. Victoire à Cannes, victoire à Perpignan alors que les joueurs du duo Parmentier-Camberlain sont restés dans le Sud toute la semaine. A leur retour, ils sont mille à les attendre en gare de Forbach. Un engouement est né et cette première saison voit le stade du Schlossberg se remplir (près de 7000 spectateurs de moyenne), applaudir les parades du gardien Fischbach qui filera un an plus tard à Marseille. La venue de Bordeaux et de son gardien international, l’Alsacien François Remetter, est l’occasion de la présence de plus de 10 000 personnes au stade pour une recette, à l’époque, de plus de 2,6 millions de francs. Forbach frôle même l’accession directe à la D1. Durant neuf ans, Forbach va assurer son maintien en D2, mais peu à peu, la frénésie retombe, les résultats sont plus aléatoires et les finances se tendent. On retiendra encore une participation à un 8e de finale de Coupe de France perdu face au futur vainqueur, Monaco, et un triste record, celui de la plus faible affluence d’un match : 434 spectateurs payants au Vélodrome de Marseille pour OM – Forbach en avril 1965. Un an plus tard, Forbach demande à retourner dans le monde amateur. La parenthèse est refermée.

Fernand Rachel, Vice-Président de la Ligue Lorraine de Football, décédé en janvier dernier, avait consacré un livre à cette histoire du football pro à Forbach. Il est interviewé ici par Emmanuel Saling…

Par Stéphane Heili

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